Auteur·ices : Isabel Côté et Kévin Lavoie
Date de diffusion : Février 2021
Depuis 2002, la concrétisation d’un projet parental par procréation assistée par autrui en contexte privé est une avenue possible et reconnue au Québec. Un couple lesbien peut ainsi procéder en dehors du système médical en ayant recours à un don de sperme d’un homme qui acceptera d’agir comme donneur, sans que ce dernier soit reconnu légalement comme un père. Dans un tel contexte, l’annonce aux enfants de l’identité de l’homme à l’origine de leur conception soulève des défis particuliers. Cet article restitue des données qualitatives obtenues dans le cadre d’une étude longitudinale menée auprès de quatorze familles québécoises, dix de mères lesbiennes et quatre de donneurs, à propos de ce point tournant de leurs trajectoires familiales. Les résultats montrent que les adultes concernés déploient différentes stratégies de divulgation, lesquelles varient en termes de proactivité. Ils doivent aussi s’entendre sur l’information à transmettre et faire face aux enjeux relationnels soulevés par l’annonce. La compréhension des enfants des liens biologiques qui les unissent au donneur ne semble pas, du point de vue des adultes concernés, créer des attentes particulières. Les enfants témoignent d’une certaine curiosité, mais sans que cela vienne avec des impératifs d’implication plus soutenue du donneur dans leur vie.
Notes : Effectuée dans le cadre d’une recherche doctorale, la première collecte de données a été subventionnée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) et a obtenu l’approbation du Comité d’éthique de la recherche en arts et en science de l’Université de Montréal. Soutenues respectivement par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQ-SC) et le CRSH, les deuxième et troisième collectes de données ont été approuvées par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université du Québec en Outaouais.








