Autrices : Denyse Côté, Isabel Côté et Sylvie Lévesque
Date de mise en ligne : Juin 2013
Les transformations familiales propres au passage actuel à la postmodernité ont déjà été largement analysées. L’ampleur de ces mutations se confirme d’ailleurs ne serait-ce qu’à travers les fortes résistances de mouvements conservateurs prônant un retour à la famille nucléaire hétérosexuelle. Or la famille conjugale est apparue il y a plus de deux siècles, elle-même en rupture avec le modèle basé sur le principe lignager et sur la toute-puissance des pères (Durkheim, 2004). S’appuyant sur le mariage civil et le libre choix du conjoint, la famille conjugale a certes été rendue possible grâce à l’industrialisation, à l’urbanisation, à la généralisation du salariat, ainsi qu’à la séparation des lieux de production économique des foyers. Elle a aussi consacré une nouvelle hiérarchie spatiale et sexuelle des sphères publique et privée. Dès que l’enfant ne sera plus conçu comme un adulte imparfait mais plutôt comme une personne en devenir et à protéger, on assignera aux femmes le rôle de superviser son éducation (Rousseau, 2009). Cela a ouvert la porte à une nouvelle conception de la maternité et à un ordre naturel fondé sur la division masculin / féminin au sein des familles, celui des parents englobant hiérarchiquement les enfants, celui des maris englobant hiérarchiquement leurs épouses, le couple étant alors conçu comme un tout ne faisant qu’un (Théry, 2005).




