Auteur·ices : Julie Duford, Martin Blais, Jesse Gervais et Isabel Côté
Date de mise en ligne : 2026
Disponible en français et en anglais • Available in French and English
Résumé (FR) : Les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queers ou appartenant à d’autres minorités associées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre (LGBTQ+) sont surreprésentées parmi celles vivant de l’instabilité résidentielle. Si ce phénomène est bien documenté, les variations de cette expérience au sein même de la population LGBTQ+ demeurent peu étudiées. Cette recherche adopte une approche intersectionnelle quantitative pour examiner ces disparités dans un échantillon en ligne de 4275 adultes LGBTQ+ du Québec (Canada) âgées de 18 à 86 ans. Les résultats indiquent qu’un taux global de 8,6 % masque d’importantes variations entre sous-groupes. L’arbre d’inférence conditionnelle, qui permet l’analyse d’interactions complexes entre plusieurs prédicteurs, a mis en évidence neuf profils intersectionnels dont la prévalence d’instabilité résidentielle varie de 3,3 % à 35,1 %. Les prévalences les plus élevées ont été observées chez les personnes trans ou non binaires, en particulier celles s’identifiant comme Autochtones, ainsi que chez les personnes cisgenres pansexuelles ou queers âgées de plus de 24 ans et ayant un statut de migrant. À l’inverse, la prévalence la plus faible a été observée chez les personnes cisgenres LGB sans handicap et disposant d’un revenu annuel d’au moins 60 000$. En montrant que les expériences d’instabilité résidentielle chez les personnes LGBTQ+ ne sont pas homogènes, ces résultats soulignent l’importance de concevoir des stratégies de prévention ciblées et adaptées aux réalités des personnes situées à l’intersection de multiples positions sociales marginalisées.
Abstract (EN): Lesbian, gay, bisexual, transgender, queer, and other sexual and gender minority (LGBTQ+) individuals are overrepresented among those experiencing housing instability. Although this phenomenon is well documented, variations in these experiences within the LGBTQ+ population itself remain insufficiently examined. This study adopts a quantitative intersectional approach to analyze these disparities using an online sample of 4,275 LGBTQ+ adults in Quebec (Canada), aged 18 to 86 years. The findings indicate thatan overall prevalence rate of 8.6% obscures substantial variation across subgroups. A conditional inference tree—enabling the analysis of complex interactions among multiple predictors—identified nine intersectional profiles, with the prevalence of housing instability ranging from 3.3% to 35.1%. The highest prevalence rates were observed among transgender or non-binary individuals, particularly those identifying as Indigenous, as well as among cisgender pansexual or queer individuals over the age of 24 with migrant status. Conversely, the lowest prevalence was found among cisgender lesbian, gay, and bisexual individuals without disabilities and with an annual income of at least $60,000. By demonstrating that experiences of housing instability among LGBTQ+ populations are not homogeneous, these findings underscore the importance of developing targeted prevention strategies that are responsive to the realities of individuals situated at the intersection of multiple marginalized social positions, in line with an intersectional and human rights–based approach to housing.





